Albert Marcoeur

Difficile de contenir en quelques lignes et superlatifs usés l’univers musical d’Albert Marcoeur. Il faudrait dire qu’il est multi-instrumentiste, compositeur hors-pair, déconneur patenté, amoureux des trains (et des gares!) et que depuis trente ans, il construit patiemment un paysage musical unique.

Il faudrait ajouter, au risque de lui déplaire, qu’on l’a souvent comparé à Zappa, et récemment, à Tom Zé, ce musicien brésilien iconoclaste et flamboyant. Il faudrait enfin parler du « clan » des Marcoeur, de cette poignée de musiciens qui depuis toujours, servent avec amour et acharnement, la cause marcoeurienne. A commencer par ses deux frères, Claude et Gérard, tous les deux percussionnistes. Il est vrai que travailler avec Albert n’est pas triste, et se termine souvent à la cave pour choisir le Bourgogne qui arrosera la viande !

Auteur-compositeur-interprète, arrangeur et multi-instrumentiste, ce grand amateur de free-jazz et admirateur de Frank Zappa émerge dans les années 1975 à 1980 grâce à des disques (Armes et cycles, 1978) et à des concerts au style inclassable, riches en ruptures de ton et de rythme, et à l’humour iconoclaste.

Trop original peut-être, il ne parvient pas à dépasser le statut d’artiste avant-gardiste. Les musiciens de Kapak sa formation des années 1970, Patrice Tison à la guitare électrique, Pascal Arroyo à la basse et François Bréant aux claviers, deviennent ensuite les musiciens de Bernard Lavilliers.

En 1975 il travaille aux arrangements des albums Mireille et Anticyclone de Dick Annegarn. Il s’éloigne petit à petit du système et se consacre à des spectacles et des albums riches en expérimentations, Sports et Percussions en 1994 ou Travaux Pratiques en 2008.

Fan de la musique d’Albert Marcoeur depuis son adolescence, Anne Bitran le rencontre en 2007 et c’est le début d’une belle collaboration avec les Rémouleurs, d’abord pour la création de Machina Memorialis, pour lequel Albert écrit un quatuor (Suite de Mouvements Désordonnés). Celui-ci sera créé pour le spectacle par le Quatuor Béla. Puis d’autres aventures les réuniront : anniversaire de la fermeture du dernier carreau de mine, le 9-9bis, à Oignies, Nord Pas de Calais en 2010; inauguration du Centre Culturel Les 26 Couleurs, Saint-Fargeau-Ponthierry, Seine et Marne en 2011- commande d’Etat à Albert Marcoeur.

En 2013 et 2014, il tourne dans les pays francophones avec son spectacle « Si oui, oui. Sinon non. » réalisé en collaboration avec le Quatuor Béla. En 2014 il signe un livre, « Mais monsieur Marcœur, comment se fait-il que vous ne soyez pas venu nous voir plus tôt?! » 9 aux éditions Plonk et Replonk, ajoutant désormais l’écriture au panel étendu de ses activités.

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