François Robin

Projet avec François Robin

Un papa joueur de veuze, qui sonne dans un groupe maraîchin (Nord-Ouest de la Vendée). Obligé de suivre et de subir. Puis, après plusieurs tentatives (violon, flûte) ce sont les premières notes sur la veuze…et là, c’est le déclic. S’en suit une dizaine d’années de cours au sein de l’école de veuze de La Garnache auprès de Thierry Bertrand, luthier et sonneur de cornemuse d’exception. Plus que l’apprentissage d’un instrument, c’est la découverte et la familiarisation avec tout un milieu et un réseau : entre 12 et 18 ans, intervient sur deux albums, dont un édité par le Chasse-marée/ARMEN ; joue dans des festivals (Monterfil, Festival Interceltique de Lorient, Tombées de la Nuit…) ; gagne à 14 ans le trophée Joubian (concours confirmé soliste) ; joue en France et à l’étranger (Italie, Belgique). En 2000 et 2002, remporte les concours soliste du Festival Interceltique de Lorient. Joue avec Ronan Robert au Québec. Après un tour par la fac de musicologie de Rennes, rentre au sein de l’association Sonneurs de Veuze comme « Médiateur en musiques traditionnelles ». Huit années à développer les activités de l’association, notamment l’enseignement (initie à la veuze plus d’une centaine d’élèves). Participe à la formation continue du CEFEDEM Bretagne-Pays de la Loire, de 2003 à 2005. Obtient son Diplôme d’Etat d’enseignant en musiques traditionnelles. Collabore à plusieurs créations (Carte blanche du Duo Bertrand au festival de St Chartier dans l’Indre ; l’Ensemble de veuze et percussions puis D’Ici de L.A., avec Roland Brou, Sylvain Girault, Erwan Hamon, Thierry Moreau, Thierry Bertrand). Enregistre encore plusieurs albums et s’associe à la réalisation d’un DVD sur la Veuze, édité par « Sonneurs de Veuze ». Jusqu’ici, une voie toute tracée, héritée, où l’instrument joue et avance dans un mouvement linéaire … Puis, en 2007, se voit confier par le Directeur artistique du Nouveau Pavillon – Scène de musiques traditionnelles de Bouguenais) la création du spectacle Trafic sonore dont la première sera donnée en novembre 2007. Bifurcation, retour aux sources et besoin de répondre à ses propres aspirations.

Envies Mes premiers cours, sans doute les plus marquants, se sont déroulés dans un atelier de lutherie où les bouts de bois, les machines, les odeurs de vernis se mêlaient à la musique. De là me vient l’envie d’utiliser mon instrument comme un objet manufacturé qui produit lui-même des sons. L’envie d’explorer et de composer avec cet « objet sonore ». De là aussi me vient le désir de fabriquer mon propre instrument, non pas avec des outils de luthier, mes avec d’autres moyens, par exemple des machines électroniques de traitement et d’agencement du son. Selon moi l’intérêt des musiques traditionnelles se situe avant tout dans le son, la richesse des timbres. Envie de m’inscrire dans cette continuité, à travers mon propre instrument qu’il me faut découvrir et inventer en permanence.

Démarche Cette démarche initiée en montant le concert Trafic sonore, produit en 2007 par le Nouveau Pavillon, consiste en une exploration constante de l’instrument, pour le détourner de son utilisation première, de sa réalité, et jouer avec tous les éléments qui le composent. En faire un instrument « multi usage ».

Pour ça, tous les moyens sont bons, l’objectif étant d’étoffer le champ des possibilités sonores de cette cornemuse, et en finalité, changer le regard qu’on peut porter sur cet instrument si typé, si connoté… si limité. Une des grandes facultés des musiciens traditionnels de tout temps c’est leur capacité à s’adapter à leur environnement mouvant.

Adaptabilité…et invention. Etre capable de rencontrer d’autres musiques, d’autres formes artistiques, dialoguer, se croiser, se surprendre, et ne pas rester cloisonné dans son savoir, dans sa bulle, sans pour autant renier son héritage et sa spécificité. Se situer dans une expression pluridisciplinaire pas forcément identifiable du premier coup. La veuze, un instrument qui parle avec les autres. Enfin, il s’agit de penser aux publics, et aux différents moyens d’amener ces musiques, ces expressions, dans l’oreille des gens, les porter à leur regard, à leur perception. Faire découvrir, initier, étonner, faire rêver, bouger,… La veuze, un instrument qui parle aux autres.

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